A la recherche du galet du Lapi di Bou

du 21/08 au 25/08/2022 | Sanetsch, Sion | Suisse

Dimanche 21 août

Vivien, Yann et moi partons de Grenoble en début d’après-midi. Nous prenons Pierre à Goncelin, puis rejoignons Stéphane à Edytem où nous transvasons tout notre barda dans le camion d’Edytem. Nous arrivons à la cabane de Sanetsch en tout début de soirée. Cette cabane appartient à la société qui gère le barrage, et les spéléos suisses la louent pour leur explorations estivales sur le massif du Lapi di Bou. En arrivant, nous faisons connaissance d’une bonne partie de l’équipe spéléo.

Le but de ces quelques jours est d’échantillonner les niveaux plus ou moins horizontaux de ce système karstique, dans le cadre de la thèse de Vivien. Les cibles à dater sont les sédiments (galets de grès, sable) et les concrétions. Miguel, connaissant le massif comme le fond de sa poche, nous guidera toute la semaine.

Lundi 22 août

Le réveil sonne vers 7 h 15. Le réveil, c’est Miguel qui joue de la flute traversière. C’est chouette et doux comme réveil-matin !

Nous (Miguel, Vivien, Pierre, Yann, Stéphane et moi) partons toute la journée au pied des Falaises de la Lé. Ce sont les falaises qui bordent le lapiaz du Lapi di Bou, et dans lesquelles il y a pas mal de cavités qui s’enfoncent dans le lapiaz.

La première visitée (et la plus vaste) est la grotte des Pingouins, accessible dans la falaise via une remontée sur corde d’une dizaine de mètres. C’est la première progression sur cordes pour Pierre, qui n’est pas rassuré ! Il faut dire que du porche, la vue en bas sur les éboulis et le lac est imprenable ! Nous progressons en parallèle de la falaise, en partie sur corde, un partie en marchant sur la glace (c’est mignon, mais c’est nettement plus froid qu’à Samoëns, et il y a aussi pas mal de courant d’air, et allons voir les différents dépôts au fond de la galerie. Nous échantillonnons des galets, et des planchers de calcite. TPST : 4 à 5 h.

Nous mangeons dehors, et laissons Pierre redescendre au véhicule avec les échantillons.

Nous continuons à suivre la paroi. Vivien s’enfile dans la grotte des Chamois, puis des 1000 Galets, mais comme nous sommes à la même altitude que ce que nous avons échantillonné dans les Pingouins, nous ne nous attardons pas. Nous allons voir la grotte G3 ( glacier souterrain), et nous arrêtons à la grotte du Passage. Là, Vivien trouve de beaux galets à échantillonner.

Nous finissons la journée aux grottes G4 et G4bis. Je ne monte pas dans la G4bis, je n’aime pas le pas d’escalade sur la pile d’assiettes, les assiettes sont un peu grosses à mon goût !

Nous redescendons droit dans le pierrier, où j’ai la bonne idée de m’emmêler les pinceaux et de plonger tête en avant dans la pente.. Je m’en sors pas trop mal, juste une égratignure sur le coude (qui me fera mal dans tous les rampings des jours suivants !) et un doigt retourné qui double de volume…

Nous arrivons à la voiture vers 20 h, où nous retrouvons Pierre qui est arrivé peu de temps avant nous : il a fait un aller-retour à la grotte des Pingouins pour descendre tous les échantillons, mais ce n’est qu’à la dernière descente qu’il a trouvé le bon chemin… Entre temps, il a pas mal visité le chaos de blocs…

Très bonne soirée à la cabane.

Mardi 23 août

Miguel nous réveille encore en douceur avec sa flute.

Nous montons le matin sur le lapiaz à proprement parler. Nous avons cibler la grotte M1, sur le bas, à côté du chemin, puis la grotte 51, et enfin la grotte Givrée. Pour celle-ci, nous ne sommes sûrs de pouvoir y entrer, la veille, PX et Daniel y sont montés pour y faire des photos, mais n’ont pas osé passer la trémie d’entrée. Nous prenons le matos de verticale pour aller au gouffre du Cadeau en cas où.

Nous arrivons rapidement au M1. L’étroiture d’entrée se passe à quatre pattes. Ca me va très bien. Derrière, c’est une jolie conduite forcée, mais malheureusement bien nettoyée, et nous ne trouvons rien à nous mettre sous la dent. TPST : 45 min, le temps de faire quelques photos.

Nous continuons à monter plus haut. A la barrière à montons, un Patou nous attend bien sagement, et ne fait que nous regarder passer devant lui, sans rien dire. 45 min plus tard, nous sommes sous le porche de la grotte 51. L’entrée est juste à côté de la grotte des Montons, dans la paroi sous le sommet du même nom. Au vu de l’heure, nous sortons le picnic avant de monter  à la grotte.

L’accès à la grotte est exposé, il faut remonter d’une quinzaine de mètres sur une dalle bien inclinée au dessus de l’éboulis, il ne faut pas se la mettre, je ne le sens pas et laisse Miguel, Vivien, Stéphane et Yann y aller. Pierre fait une sieste sur un caillou, et j’en profite pour faire un tour sur le lapiaz qui est magnifique, mais avec pas mal de bouts d’obus tirés par l’armée suisse.

L’équipe qui est entrée dans la grotte revient dehors une bonne heure et demi plus tard, avec un quelques galets de grès, mais la récolte est assez maigre, il est difficile de trouver la bonne lithologie.

Nous montons ensuite vers la grotte Givrée. Finalement, la trémie d’entrée ne parait pas si mauvaise que ça, nous décidons d’y aller. Tout de suite, le ton est donné, il faut s’enfiler entre le névé et la paroi, ce n’est pas chaud. La grotte est intéressante, il y a pas mal de départs à droite à gauche, il y a du volume, de la neige, de la glace, de belles conduites forcées, dont une qui est rempli de galets et de sables. Nous passons un bon moment à chercher des galets de grès dans le froid, échantillons de la vieille calcite, et ressortons au soleil. TPST : 4 h.

Nous partons vers 19 h de la grotte et descendons vers la cabane. Nous laissons notre matériel spéléo pour demain au niveau de la barrière à moutons. Encore une fois, la soirée est bien sympa !

Mercredi 24 août

Malgré la flute, le réveil n’est pas facile, nous commençons à accumuler la fatigue des jours précédents !

Nous remontons vers les moutons et les Patous, où nous récupérons notre matériel spéléo. Nous allons à la grotte de l’Abreuvoir, de l’autre côté du lapiaz, et pas mal plus bas. Les Patous nous suivent, en grognant et aboyant, mais sans montrer une quelconque agressivité. Nous arrivons à la grotte de l’Abreuvoir vers 11 h 30. Pierre reste dehors, tandis que le reste de l’équipe s’enfile dans le trou. Après une étroiture gentille dans le mondmilch, nous descendons une corde bien grasse. Comme dans toutes les cavités visitées, il ne faut pas être allergique au mono-point… Plus nous descendons, plus la galerie est beurrée d’argile malgré ses belles dimensions. Nous laissons Stéphane devant une nouvelle étroiture où nous nous plâtrons littéralement d’argile bien humide. Derrière, la galerie reprend ses chouettes dimensions, mais toujours aussi « sale ». Nous descendons ainsi quasiment jusqu’à -100 m, terminus de la cavité. Nous y trouvons une concrétion cassée scellée par le dépôt argileux. Yann, Miguel et moi faisons une chasse au galet (il y en a des gros, de 30 cm de diamètre, mais pas de la bonne lithologie !), et je trouve un squelette de chauve souris que Miguel échantillonne. Nous ressortons, bien froids, et ben marron. Je déséquipe la seule corde du trou. TPST : 3 h 30 environ.

Nous mangeons sous l’oeil intéressé d’un Patou, puis reprenons notre chemin en direction de la cabane. Arrivés au pied du lapiaz, Miguel nous quitte pour remonter à la cabane. Nous, nous reprenons la descente pour tenter de trouver la grotte du Télécabine qui doit se trouver sous le télécabine, proche du canyon de la Sarine. Finalement, nous descendrons pas un sentier avec des échelles en paroi, jusqu’au pied du canyon… sans trouver la grotte !

Nous mettrons 1 h 30 – 2 h pour remonter à la cabane, mais cette fois-ci sur un bon sentier. Nous nous faisons doubler par deux motos trial…

Le soir, nous fêtons dignement l’anniversaire de Vivien.

Jeudi 25 août

Finalement, nous sommes tous d’accord, nous restons le matin à la cabane pour mettre au propre nos observations et discuter des prochains surjets de M1/M2 à poser l’année prochaine.

Nous quittons Sanetsch vers midi, et revenons en passant par Martigny et Chamonix, où nous voyons déjà pas mal de coureurs ! Nous arrivons sur Grenoble en fin d’après midi.

Participants à l'activité

Xavier RXavier R.

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