Camp d’équipement et retopographie du Mirolda – CD11, Interclub Criou 2022

du 11/09 au 15/09/2022 | Samoëns (74 - Haute-Savoie) | France

Je n’ai pas retenu tous les noms, ni toutes les équipes, il y a forcément des manques importants qui seront à compléter, je me focalise sur ce à quoi j’ai participé !

 

Préambule

Ca fait plus de 20 ans que je rêve de pouvoir voir la topographie complète du gouffre Mirolda et du réseau associé sous le Criou. Je ne connais que ce qui a été publié dans les Spélunca et les Spéléo-Dossier. Aucune synthèse n’existe, et avec l’avènement des nouvelles techniques topographiques et SIG, notamment 3D, et ayant repris la synthèse topographique des systèmes sous-jacents, je me disais que ce serais chouette de pouvoir aborder les différents systèmes karstique comme un tout.

 

Il y a quelques années, une action avait été montée par le CSR AURA, et cette année, j’ai été contacté pour participer à un projet plus vaste de plus long terme sur la reprise de l’équipement, de la topographie et de l’exploration du ce réseau mythique. Je me positionne comme intéressé par la gestion de la synthèse topographique !

 

Au cours de la semaine précédent le camp, un petit groupe se démène pour la préparation en amont du matériel collectif via une cagnotte, et surtout pour l’organisation de l’intendance et de la bouffe. Sur ce point là, chapeau à Camille et Yann !

 

Dimanche 11 septembre

Au départ, le rendez-vous sur le parking de Vallon d’en Haut était à 13 h, mais Franck n’est pas libre tout de suite et nous nous retrouvons finalement à 15 h. Franck possède un pick-up que nous chargeons avec une grosse partie du collectif. Quelques personnes profitent de ce voyage pour monter dans la benne, d’autres montent à pied sans sac.

 

Alex, Antho et moi restons au parking avec ce qui reste de matériel, sacs et matelas. Nous avons le temps de papoter avant que Franck, Yann et Tom redescendent pour le second voyage. Le pick-up est de nouveau chargé, et nous montons tous, soit devant, soit sur les matelas à l’arrière.

 

Au début de la montée, nous croisons le président de l’association des personnes ayant un chalet au Criou. Il nous arrête pour savoir si nous pouvons lui donner le contact du propriétaire du chalet avec l’IPN vertical à l’arrière.

 

Nous arrivons à la fruitière du Criou vers 19 h. Sylvain Matricon (Ursus) nous a gentiment prêté la clef de la partie Ursus de la fruitière, ce qui nous permet d’avoir quelques couchages en plus.

 

Nous passons la soirée à nous installer, et à préparer la journée de demain. Comme la météo annoncée n’est pas super à partir de mercredi, nous optons pour aller avancer le travail dans la partie qui craint la crue, soit après le bivouac.

 

 

Lundi 12 septembre

Nous nous levons à 7 h.

 

Une équipe de trois (Franck, Yann et ??) montent sur les amonts du réseau. Ils jettent leur dévolu sur le gouffre de la Rondelle jaune (F126). L’idée est de tenter de moderniser l’équipement et de retrouver l’étroiture de jonction entre le réseau Lucien Bouclier (amonts) et le CD11 (aval). Cette équipe passe pas mal de cordes en rééquipement, et s’arrêtent sur des escalades déséquipées. Le trou est chouette, mais il y a tout de même deux passages étroits assez sport. Le soir, ils laissent leur matos au bord du trou et redescendent au refuge un peu après 20 h.

 

Tous les autres entrent par le CD11, l’entrée inférieure du gouffre Mirolda.

 

La première équipe part équiper à partir de -350 m environ. La seconde équipe va, elle, équiper les ressauts merdiques juste à la sortie du bivouac (-270 m environ), et si possible la suite.

 

Ensuite, Didier, Bruno, Lionel, Alex et moi partons ensemble pour lever la topographie. Nous entrons à midi sous terre. A l’entrée et à -50 m environ, nous trouvons le même panneau : « Le groupe inventeur/explorateur de la cavité organise une expédition internationale cet hiver, merci de ne pas toucher aux équipements ni aux bivouacs ». Il a été posé la semaine précédente, probablement par Daniel Colliard. Au départ du réseau des Yougoslaves (carrefour de -97 m), Didier et Bruno commencent la topographie. Lionel, Alx et moi continuons à progresser jusque vers -150 m. La progression ici est pénible (en fait, plus on descend, moins c’est pénible, mais le début, sans être extrême, vaut son pesant de cacahouètes !), et au bout d’un moment, nous nous disons que Didier et Brunon vont nous maudire… Nous démarrons à topographier dans cette zone, afin de partager le travail difficile entre nos deux équipes. Sur le trajet, Lionel détricote et tricote pour changer quelques cordes et améliorer l’équipement. Il faut dire qu’au niveau cordes, c’est un peu le bazar, il y a de la vieille corde qui traine un peu de partout. Nous laissons un kit plein de cordes neuves vers -200 m pour la journée de demain. Nous arrêtons la topographie après plus de 400 m topographiés. Nous sommes alors vers -250 m, peu loin du bivouac. Sur le retour, Lionel équipe une escalade exposée avec les moyens du bord, c’est du (bon) bricolage ! Nous sortons à 19 h, sous le soleil ! TPST : 7 h.

 

Le soir, Bab arrive avec le Santana de son voisin. Prune et Théo sont eux monté à pied à partir du Mont.

 

Nous passons une bonne soirée autour d’un rougail-saussisses !

 

Mardi 13 septembre

Nous nous levons vers 7 h 30. Pendant le petit dèj, David et un de ses collègues nous rejoignent.

 

La même équipe repart au F126 pour continuer le rééquipement et les escalades. Ils atteignent finalement le réseau « Sado Bozzo » (est-ce mieux que « Le Parcours du Combattant » ?), mais pas encore l’étroiture tant convoitée. Ils redescendent le soir avec tout leur matos.

 

Une équipe de six fusées (Bab, Prune, Théo, Guillaume, Tom, et Brian) part devant pour équiper à partir du terminus équipement de la veille, et lever la topographie conjointement. Le travail sera fait jusqu’à -640 m (plus de 900 m topographiés). équipement/topo pour la suite au fond du trou au fond.

 

Camille, Michel et moi descendons au terminus topo d’hier, soit vers -250 m (départ de l’entrée à 11 h). Nous attaquons directement la topographie en direction du fond. En fait, nous n’étions qu’à une cinquantaine de mètres du bivouac de -270 m. Nous nous y arrêtons pour grignoter, puis continuons à descendre, le matos topo à la main. Nous ne sommes pas spécialement rapides, mais ça avance régulièrement.

Il est à noter que lorsque nous entrons dans le méandre Semi-Actif, nous ressentons une inversion de courant d’air. Avant ce méandre, le courant d’air est soufflant (soit vers le CD11). Dans ce méandre, il est aspirant fort (vers le fond du trou). Au niveau du R5, la zone se complexifie. Dans la suite équipée, le courant d’air aspirant est toujours présent, mais moins fort. En fait, il semble partir principalement dans le plafond, au sommet du R5 (suite logique du méandre Semi-Actif, je ne sais pas si ça a été exploré ou non par le passé). Nous arrêtons la topographie à la base de la succession P10 + P3 (vers -370 m), après presque 800 m topographiés et plus de 100 visées… Nous remontons, faisons une pause au bivouac -270 m et sortons du trou à minuit quinze. TPST : 13 h 15. Prune et Théo sortent quelques minutes après nous. La météo a changé, il commence à tomber quelques gouttes.

 

Pendant notre sortie, David et son collègue ont bien retravaillé l’équipement entre -100 m et -250 m. Ils voulaient sortir pas trop tard, le contrat et rempli.

 

De leur côté, Alex et Lionel topographient de l’entrée jusqu’au départ du réseau des Yougoslaves. Ils commencent aussi la topographie de ce réseau complexe, en allant dans les différentes branches jusqu’aux premiers obstacles. Ils sont agréablement surpris par la beauté de ce réseau, si on fait abstraction de la quantité non négligeable de vieux matériel entreposé par les anciens explorateurs !

 

Nous nous couchons tous bien tard, le ventre bien plein !

 

Mercredi 14 septembre

Il pleut dans la nuit. Nous nous levons un peu plus tard que les autres jours (8 h 30 – 9 h). Tout le monde reste dans le coin, personne n’a la motivation pour monter sous les gouttes et retourner sous terre.

 

Franck redescend dans la vallée avec son pick-up, accompagné de Lionel.

 

Nous profitons de cette matinée pour entrer les différents bouts de topo dans l’ordinateur, et construire le squelette. C’est bien, nous avons fait plus de 2.5 km de topographie, de 0 m à -640 m.

 

En après midi, la météo est plus clémente, tout le monde part à la recherche de la perte du Lambourdin (explorations SCV 2012-2014). Nous avons un vague descriptif, mais finalement, Prune met la main dessus. Nous relevons les coordonnées de l’entrée, et quelques photos promotionnelles sont effectuées. Nous remontons au refuge en prospectant dans les vallons, nous ne trouvons pas de trous, mais en revanche, nous ramassons environ 1 kg de beaux cèpes que nous cuisinons le soir même !

 

Le soir et la nuit, dégustation de gnôles diverses et variées, et, pour certains, jeux jusqu’à 2 h 30 du matin…

 

Jeudi 15 septembre

 

Il nous faut être en fin de matinée sur Samoëns, nous nous levons donc à 7 h 30 pour plier le refuge. Il a bien plus une bonne partie de la nuit, mais au réveil, il ne tombe que quelques rares gouttes. Bab fait deux rotations de 4*4 pour descendre le matériel collectif. Nous descendons à pied, pour certains avec tout leur matériel personnel sur le dos.

 

Nous sommes finalement assez tôt en bas, j’en profite pour montrer la résurgence temporaire des Péterêts à une partie du groupe. La buse est toujours décalée, il n’est pas possible de descendre en dessous comme avant ! Il faudrait relancer une désobstruction pour replonger le siphon (arrêt à -50 m sur rien).

 

Nous prenons le chemin de la place centrale de Samoëns. La majeure partie de l’équipe se restaure au Savoy, tandis que Bab, Alex, Yann et moi retrouvons Daniel Colliard (Cavernicoles et détenteur de la mémoire et des données topographiques du CD11) et Bernard Wolf (président des Cavernicoles) au PMU/Café de la poste pour le repas de midi et discuter du Mirolda.

 

Bernard et Daniel sont venus exprès de Lyon pour nous rencontrer et discuter. Ils nous apprennent qu’une équipe d’une cinquantaine d’espagnols va venir cet hiver pour aller faire un tour au fond du gouffre si la météo le permet. Nous leur donnons les infos quant au rééquipement que nous avons fait, et sur l’état de l’équipement en place.

Daniel nous donne des infos sur les points clefs dans la zone de -900 m. Bernard me dit que Daniel possède les données numériques de la topographie. A la fin du repas, Daniel va chercher un gros rouleau dans leur voiture, et revient dans le restaurant. D’abord, il nous montre une vieille topographie de l’ensemble du réseau des Yougoslaves. Il nous montre quelques endroits qui continueraient. A ma demande, il me donne l’autorisation de photographier les topographies pour qu’on puisse mettre les bons noms aux bons endroits. On me fait comprendre que c’est un privilège, et qu’il ne faut pas rater cette occasion…

 

Ensuite, Daniel commence à nous dérouler la coupe développée de l’aval du CD11, en la commentant. En fait, c’est la coupe développée de travail que nous avons déjà comme référence. Celle qu’il nous présente s’arrête à -900 m, comme la notre, sans les détails de cette zone, ni de la suite. Il nous dit plusieurs fois que la suite, ce sera pour plus tard. Dans sa main, le rouleau est encore bien épais, mais nous n‘en verrons rien d’autre…

 

Nous nous quittons là dessus un peu avant 16 h.

Participants à l'activité

Xavier RXavier R.

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