Carrière souterraine dans les Yvelines

le 31/01/2026 (78 - Yvelines) | France

Réveil 07h10, départ de Versailles à 7h33 en passant par la boulangerie pour un petit café / croissant. Raphaël me rejoint dans la ligne J, tandis qu’Antoine patiente à la gare pour nous emmener à l’entrée de la carrière. Arrivé à 9h37. La marche d’approche est très courte, puisque l’entrée se trouve à proximité directe de la route, dans un dédale de bâtiments en ruine, vestiges probables de l’ancienne exploitation. Louison accepte gentiment de faire la sonnette. Une fois casqué et habillé, nous entamons l’exploration de la carrière aux alentours de 10h par une descenderie abrupte et au plafond bas, nous obligeant à progresser en file indienne. Une fois arrivé en bas, une large voute maçonnée se présente à nous. D’anciens rails rouillés commencent à nous guider, puis disparaissent. L’exploitation présente un agencement en chambres et piliers, configuration classiquement rencontrée dans les carrières de la région. Raphaël et moi scrutons les parois à la recherche de curiosités géologiques, tandis qu’Antoine nous inonde de ses anecdotes souterraines. Nous arrivons sur un superbe début de fonti, recoupant le gypse saccharoïde et les marnes bleues sus-jacentes. Les stries verticales sur la paroi mettent en évidence un miroir de faille. Je profite d’avoir deux mannequins sous la main pour immortaliser cette découverte. Le détecteur de gaz commence à sonner vers 19,5% d’oxygène dans l’air et ne descendra pas en dessous de 18,4%. Il braillera jusqu’à ce que l’on décide de ressortir. En poursuivant, le sol meuble prendra des allures bombées. Antoine théorisera un poinçonnement du sol par les piliers, et je finirai par y adhérer. Nous arriverons ensuite au « lac », une étendue d’eau assez profonde, constellée de pellicules de gypse recristallisé. Nous nous arrêterons pour manger avec Christophe et son ami, rencontré quelques minutes avant. Une fois restaurés, nous quittons nos camarades, rebroussons chemin et entamons une visite dans des coins inconnus du trio. Dès lors, l’exploration prendra des airs de labyrinthe, dont la carte mentale deviendra de plus en plus claire. Certaines parties ont été comblées par des injections et des merlons en béton, nous obligeant à tourner et virer pendant un certain temps. Plus loin, notre œil s’arrête sur le ciel de la galerie: des dunes se dévoilent à la lumière rasante de nos lampes, témoins fossilisés du fond marin tel qu’il était il y a plusieurs millions d’années. Nous reprenons la route jusqu’à atteindre une salle aux parois taguées par les travailleurs qui ont exploité la pierre. « 1891 » est la date la plus ancienne qu’Antoine ai pu lire ici. De mon côté, ce sera « Rue de la gaité » qui retiendra mon attention. L’exploration sera brièvement interrompue par une chute de Raphaël sur une pente argileuse. Antoine choisira la moquerie avant de s’assurer qu’il va bien. J’en prendrais pour mon grade lorsque mes chaussures s’enfonceront dans une argile grise gorgée d’eau. Le temps passe et les explorateurs se lassent. Un mal de crâne naissant et les aiguilles défilant, je propose à mes camarades de ressortir. Nous fournirons un ultime effort dans la descenderie, humoristiquement rebaptisée la « remonterie » par l’auteur de ce compte-rendu.

Le ciel gris pointe à nouveau son nez. L’exploration s’achève après 4h passées sous terre.

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