Nous sommes 7 pour faire avancer les choses dans l’aval du réseau de la Combe aux Puaires. Ce n’est pas tous les jours, on en profite ! Nous descendons tranquillement les puits du CP7 et faisons les équipes au croisement des Reptiles.
Xa et Luison attaquent la topographie de pas mal de petits diverticules dans le début de la zone des reptiles. Je leur laisse décrire la zone, mais elle est complexe ! Ils lèvent 103 m de topographie dans différentes branches.
Toine, Carx et Camille ont pour objectif de topographier et de déséquiper le shunt Qui-Ne-Sert-à-Rien, que nous avions effectué avec Théo il y a deux ans. Il s’agit d’une escalade proche du terminus aval, côté trémie des Secoués, mais qui finit par retomber en balcon dans la grande galerie. Ils lèvent 117 m de topo. Finalement, ils ne déséquipent pas totalement la zone et au contraire, équipent l’accès par le balcon, ce qui fera un bon point de départ pour rejoindre la trémie des Secoués, à revoir.
Avec Cédric, nous filons vers le puits remontant de la galerie des Reptiles. Le puits est toujours aussi beau ! Première longueur de 25 m en artif sans encombres, la roche est belle et les pulses facilitent grandement la tâche. Un relais et hop, je repars pour une tirée d’une dizaine de mètres. J’arrive sur une grande margelle et j’installe un second relais. Xa et Luison ont rejoint le bas du puits et ils lèvent la topo de la zone. Jusque là, tout va bien !
Par flemme, je propose à Cédric de remonter par ma corde de montée, qui passe dans les pulses d’assurance. A l’avant-dernier pulse, je l’entends crier d’effroi. Je ne comprend pas tout de suite. Il s’agrippe à la paroi et fait débarouler pas mal de gros blocs en bas du puits. Il ne dit rien, pas même un « Pieeeerre !!! » qui serait de circonstance vu nos deux compères qui étaient encore en bas du puits il y a quelques minutes… Je comprend alors que quelque chose cloche vraiment. Je me redécale sur ma margelle pour avoir Cédric en visu… Un simple coup d’œil suffit ! La corde sur laquelle montait Cédric passait par dessus un pulses avec un angle fort. La bague du pulse a sectionné complètement toute la gaine de la corde, qui a fait chaussette sur 80 cm ! Je vois Cédric se mettre en opposition, à 30 m du sol, tentant d’alléger le poids sur les torons de l’âme, qui paraissent si fragile tout d’un coup. Cédric ne peut pas continuer à monter sur la corde car les torons passent encore sur le pulse. Je regarde autours de moi. Je n’ai même pas 1 m de corde avec moi, je suis franchement con, j’ai peu d’option pour intervenir. Descendre sur la corde ne ferait qu’empirer les choses car l’angle est très fort et je risque de déstabiliser Cédric. Proposer à Cédric de passer sur descendeur me parait aussi vraiment risqué…
J’analyse la margelle sur laquelle je suis : elle est suffisamment large pour que je puisse me délonger de mon relais. Elle mène à une petite goulotte qui me permettrait de désescalader en sécurité à proximité de Cédric. Je préviens Cédric et mets quelques minutes à le rejoindre. Je suis un mètre au dessus de lui, me positionne en coincement et le longe à moi pour le sécuriser. Ouf, déjà une première étape ! la suite est plus scabreuse, mais il finit par réussir à grimper et à me rejoindre dans la goulotte. Re-ouf ! Cette fois, c’est bon ! Une belle frayeur pour cette fois-ci ! On regarde vaguement la suite de l’escalade, mais on décide d’en rester là pour aujourd’hui, ça fait déjà une bonne longueur de faite (35 m). Pour la suite, il suffit de continuer à monter tout droit !
On laisse tout le matériel sur place, y compris le perfo, et on redescend en bas du puits. On rejoint tout le monde au carrefour des reptiles et on fait le bilan : il est temps de rentrer au chalet ! Nous sommes sept à la base des puits du CP7… Hmmm, la remontée va être longue ! Avec Toine, nous décidons de passer le temps en attaquant une autre escalade à proximité du Shunt-qui-ne-Sert-à-Rien. Nous nous donnons une heure en tout. Toine fait le cabri et escalade une première rafale sur une quinzaine de mètres. Il sécurise le tout et équipe correctement à la descente. Nous laissons tout le matériel et ressortons, juste à la suite des autres. Belle optimisation !
En conclusion, une belle sortie, avec une belle frayeur, mais qui a bien fait avancer les choses !
De retour au chalet, nous analysons les pulses pour voir ce qui a pu sectionner la gaine de la corde aussi rapidement : il s’avère qu’il y a en effet une petite bague avec une rainure usinée et c’est probablement le bord de cette rainure qui a poinçonné la gaine. Le fait de monter dessus, couplé à l’angle de 120° environ, a suffit à trancher complètement la gaine de la corde. Les morales de l’histoire :
– Attention au passage de la corde par rapport aux pulses ! Il faudra qu’on resimule la position en prenant des photos pour documenter le risque associé.
– Aucune flemme ne justifie de faire monter son collègue sur la corde d’assurance à la montée !!! J’aurais du équiper avec une autre corde pour que Cédric puisse me rejoindre tranquillement sans remettre les autres pulses sous tension !
Le CR de la sortie de dimanche (CP7 – Acte II) arrivera bientôt ;o).
Participants à l'activité
Stéphane L.
Louison M.
Xavier R.