CP7 : galerie du Fakir et Escalade amont du Huit

du 12/06 au 14/06/2026 | Samoëns (74 - Haute-Savoie) | France

Vendredi 12 juin

La météo annoncée est superbe pour ce weekend. Je cherche désespérément un/des coéquipiers pour monter au Folly, et aussi un moyen de transport, notre voiture étant toujours bloquée chez un garagiste… Julien, collègue de boulot, est motivé pour monter, et Oliv’ me propose sa voiture.

Nous partons à 21 h du parking, et arrivons devant la porte du refuge à 22 h 15. Tiens, c’est bizarre, le barillet du verrou me semble légèrement sorti de son emplacement. Je ne m’en formalise pas et enfonce la clef, mais lorsque je la tourne, ça tourne dans le vide… Je tente de retirer la clef, et là, l’ensemble du barillet me reste dans les mains. Au fond du trou, nous voyons bien le mécanisme d’ouverture, mais nous n’avons pas un seul outil pour le faire tourner. C’est la M***. Je commence à regarder si nous pouvons forcer un volet, mais non, ils sont bien fixés… Aie aie aie ! Julien, bien plus patient que moi, essaye de renfiler le barillet dans son trou, et de le repositionner à sa place. Au bout de quelques minutes de tâtonnements, il y arrive ! Et la porte s’ouvre ! C’est un grand OUF !

Samedi 13 juin

Nous nous levons à 8 h, et après avoir salué nos voisins du dessus, nous montons au CP7.  Nous marchons un peu sur la neige à partir de la moraine sous la Tête à l’Homme, et nous arrivons sur la plateforme vestiaire/salle à manger du CP7 un peu après midi. Le trou est bien ouvert, mais tout le vallon est plein de neige, et au dessus, tous les creux de lapiaz sont plein de neige aussi.

Nous grignotons rapidement, et à 13 h, je commence à installer la corde d’entrée du trou. Nos objectifs sont simples : i) aller lever les deux points d’interrogations importants de la galerie du Fakir que nous avions découverte l’automne dernier, ii) voir si nous pouvons creuser dans le départ à petit courant d’air au départ du Fakir, et iii) faire l’escalade en bout de la boucle amont du Huit, escalade que nous avions repérée Fred D. et moi l’automne dernier lorsque nous avions topographié ce bouclage.

Nous mettons un peu de temps à descendre, puis, au sommet de l’E13 donnant sur la galerie du Huit, nous allons visiter la partie basse de cette galerie, zone que nous évitons à chaque fois que nous sommes de passage ici. Cette galerie est plus petite (2 m à 2.5 m de diamètre) que le passage classique, et est dans l’Hauterivien, ce qui lui donne un aspect sombre et ébouleux Juste avant le carrefour du milieu du Huit, il y a un beau départ en rive droite (NW), c’est un gros méandre remontant, il faudrait poser une petite corde pour faire l’escalade (facile), surtout sur le terminus que nous voyons (R2). Je n’ai pas l’impression qu’il y ait de courant d’air, mais vu le volume, ça vaut le coup d’aller y jeter un oeil un de ces quatre.

La galerie basse supérieure du Huit est bien plus petite. Nous devons progresser à quatre pattes sur l’argile. C’est joli, il y a de magnifiques excentriques en plafond, et surprise, le point bas de cette galerie est noyée. Pourtant, j’ai le souvenir d’être passé par là lorsque j’avais visité cette galerie avec Steph il y a quelques (!) années.

Nous faisons demi-tour et nous dirigeons vers le Fakir. C’est toujours aussi joli et aussi piquant dans les quatre pattes… Nous regardons bien la première coulée. Je n’ose pas l’escalader, c’est un peu exposé, il me faudrait mettre une corde, et je salirais toute cette blancheur. A son sommet, il parait assez évident que la calcite bouche tout passage. Au niveau de la seconde coulée, avant la partie bien boueuse de la galerie, je grimpe sécurisé par Julien, en essayant de salir le moins possible. Au sommet, je n’arrive que dans une cloche, très concrétionnée, avec des excentriques de partout. C’est superbe, mais il n’y a pas de passage. C’est dommage, j’avais pourtant misé sur ce départ !

Nous revenons au départ du Fakir et allons voir le départ où Alex m’avait dit avoir senti un peu de courant d’air. Aujourd’hui, ce n’est pas un peu de courant d’air qu’il y a, mais ce départ aspire bien un gros courant d’air ! Mais pas de bol, ce n’est pas avec un piochon que nous pourrons passer, le courant d’air part dans un passage pleine roche infranchissable sur 50 à 80 cm de long. Un ou deux tirs à 3-4 trous permettraient de voir si derrière c’est franchissable ou pas. Notre voix résonne fortement dans la suite. Où va se courant d’air ? Pour le savoir, il faut désobstruer, je ne dis pas que derrière ça passe rapidement, mais au vu de l’importance du courant d’air, ça vaut vraiment le coup de tenter la désobstruction. Il y a un risque que ce départ donne dans le petit réseau sous jacent (départ dans la grande galerie du CP12) connu depuis les années 70, je ne connais pas ce petit réseau, il faudrait aller voir si nous y retrouvons un courant d’air digne de ce nom, mais je n’ai suis pas sûr, je n’ai pas le souvenir que le départ de ce petit réseau souffle fortement. L’autre solution, c’est que ce courant d’air se dirige vers la rivière supposée de la Combe au Puaires et le CP21 !

Après nos trois buts, nous remontons la fin de la galerie du Huit jusqu’à l’escalade (E5) que nous avions repérée l’année dernière. Au sommet, nous devinons un départ de petite galerie, et surtout, une vieille coulée de calcite dégueule du départ, ce qui est plutôt motivant ! Julien m’assure et je grimpe en artif. C’est moins facile que ce que je pensais, la roche est mauvaise, d’un côté d’est de l’Hauterivien, de l’autre, c’est une masse infâme sur un plan de faille, et si je veux éviter tout ça, il ne me reste plus que la vieille calcite pourrie… Ca m’oblige à faire pas mal de zigzags et à rapprocher mes points. Une fois au sommet, j’équipe en redescendant et en enlevant les Pulses. Julien passe devant et va voir le départ. Je le suis avec le matériel topographique. Ce n’est pas grand, c’est un méandre de 40 cm de large au plus large, et 80 cm de haut au mieux. Julien passe un premier virage, et s’arrête dans un second virage sur refus d’obstacle. Comme nous ne pouvons pas nous croiser et qu’il commence à être tard, je lève la topographie (3 m…) et nous descendons en laissant équipé. Comme nous avons pu faire cettte première grâce à la voiture d’Oliv, nous appelons ce méandre le méandre du Prêt !

Nous ressortons dehors à 21 h 30. IL y a bien plus d’eau dans tout le trou que lors de notre descente, la neige doit fondre en surface ! Dans le puits d’entrée, un couple de Chocars a fait son nid et trois petits piaillent à notre passage.

Nous ne trainons pas trop pour nous changer, il ne fait pas si chaud, et nous arrivons au refuge un peu avant 23 h.

Dimanche 14 juin

Nous nous levons tard, c’est grasse mat’. Moi, ça me va, j’ai mal partout… Nous passons la matinée à nettoyer le matériel, nous allons manger au refuge du haut, puis rangeons notre refuge, fermons la porte comme nous pouvons (elle est bien fermée !), et redescendons à la voiture en fin d’après midi.

A noter : l’eau est de nouveau au refuge, les toilettes sont fonctionnelles, mais pour ce qui est de l’électricité, c’est plus problématique, la turbine ne produit pas assez et ce weekend, nous n’avons pas eu de jus chez nous.

Bilan

Une chouette sortie, deux points d’interrogation de moins, un où il faut revenir tirer, et un autre à revoir pour être sûr que ça ne va pas trop loin et déséquiper l’escalade !

TPST : 8 h 30

Participants à l'activité

Xavier RXavier R.

Galerie photo

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