Gouffre Jean-Bernard : Méandre des Oeufs, galerie des Aiguilles

du 20/07 au 23/07/2022 | Samoëns (74 - Haute-Savoie) | France

Mercredi 20 juillet

Nous montons au refuge en soirée après une bonne pizza au bord du Giffre. Nous mettons quelque chose comme 1 h 20.

Jeudi 21 juillet

Nous partons pour le méandre des Oeufs, par le V4. Nous entrons sous terre un peu après 10 h. Les buts sont d’améliorer le shunt trouvé le weekend précédent, voir les remplissages de galets, faire la topographie de l’exploration du weekend précédent, et si possible continuer les escalades.

Nous passons bien 2 h à gratter à deux dans le remplissage. C’est long, mais maintenant, ça passe mieux… J’équipe ensuite le R2.5 qui fait 5 m. Je n’ose pas utiliser le pilier qui avait été précédemment utilisé (trace de corde autour), il est complètement écaillé… Le shunt est finalement plus facile que la vire, mais reste un peu pénible à franchir à cause de l’argile plus ou moins liquide omniprésente…

Ensuite, nous suivons la galerie du Solitaire. Les aménagements récents ont bien sécurisé le passage, il y a une nette amélioration depuis mon passage précédent ! A voir si à partir du shunt de la vire, il n’y a pas possibilité de rejoindre le Solitaire directement, en shuntant certaines parties en opposition.

Nous partons ensuite dans le méandre des Oeufs, en regardant presque chaque galet. Celui que j’avais noté « galet de granite » sort un peu de l’ordinaire, avec des minéraux plus translucides, et des taches noires dessus. Mais pas de bol, une fois le galet nettoyé et cassé, nous pouvons voir que ce n’est pas du granite, mais un beau calcaire bien recristallisé (d’où les minéraux translucides), et bien patiné (d’où les points noirs qui faisait penser à de petits minéraux noirs)… Et bien c’est raté pour ça, mais d’un autre côté, ça simplifie grandement l’interprétation géomorphologique de la région !

Nous continuons à monter jusqu’à la partie que je ne connais pas. Une belle escalade a été faite dans la salle du départ, chapeau. Ensuite, nous grimpons de quelques mètres et nous retrouvons sur un méandre à traverser. C’était le terminus de l’année dernière, mais le weekend précédent, ils sont passés sans équiper la traversée… Je trouve que c’est plutôt exposé, et j’utilise la corde que nous avons monté pour me sécuriser pour aller chercher le bout de corde restant du weekend dernier, et tout rééquiper proprement. Idem, je rééquipe la tête de puits dont la main courante était trop courte et sur mono point… Ca nous occupe pas mal de temps.

Pendant ce temps, Vivien est allé voir la suite, et revient en me disant qu’il a escaladé en libre le ressaut qui avait arrêté la précédente équipe, et que ça continue encore ! Il le regrimpe, et je lui fais passer la perfo, la corde et les amarrages pour qu’il équipe ce ressaut (c’est son premier équipement, et aussi sa première première !). Nous arrivons rapidement à un élargissement du méandre, où nous voyons le sommet, avec une conduite forcée, 12 m au dessus. Le méandre continue, mais il s’amenuise, nous perdons le courant d’air, et nous devons nous arrêter sur une trémie qui le bouche.

Le courant d’air semble partir à la verticale, vers le sommet. Nous fouillons pour tenter de monter en opposition vers la conduite forcée. Je trouve bien le passage, mais je n’arrive pas à franchir le dernier redent vertical, ma cage thoracique refuse de s’écraser… En revanche, Vivien passe, il gagne la conduite forcée, où il y a bien le courant d’air. C’est gagné ! Il monte en suivant le pendage, passe au dessus de la trémie qui nous avait arrêté dans le bas du méandre, mais butte sur une trémie qui bouche la conduite forcée. Tout le courant d’air s’enfile avec force entre les blocs, mais Vivien n’ose pas titiller la trémie pour tenter d’ouvrir le passage. C’est dommage que ça ne passe pas facilement, ça sentait pourtant le V4 à plein nez… Nous ne devons vraiment pas être loin des galeries connues ou de la sortie. Ce sera pour une prochaine fois !

Nous revenons en topographions notre première, ainsi que celle du weekend dernier. A la base de l’E16 dans la salle du Départ, nous faisons deux visées vers l’autre départ, qui semble être un simple bouclage. Au total, ça nous fait 137 m de topo pour 53 m de dénivellation (la CF à la fin n’a pas été topographiée).

Nous revenons doucement vers le V4. Au sommet du puits des Savoyards, pendant que j’attends Vivien, je vois passer deux chauves souris qui se dirigent vers le réseau de la Pierre qui Tombe. Je ne suis pas capable de dire quelle(s) espèce est-ce. Nous retrouvons les étoiles à 1 h du matin. TPST : 15 h.

Le temps de nous changer, de trier les affaires que nous laissons, de descendre au refuge, de nous restaurer un peu, nous nous couchons à 3 h bien tapées.

Vendredi 22 juillet

Nous sommes fatigués de la veille, nous trainons dans les duvets, et finalement, nous passons notre journée à profiter des transats, du soleil, et de nos bouquins. Le soir, quelques gouttes tombent, et une touriste tente de s’incruster dans le refuge, mais sans succès.

Samedi 23 juillet

Nous nous levons plus tôt, refaisons les sacs, et montons au V4. De là, nous ne prenons avec nous que ce dont nous avons besoin pour la traversée V11-V6, et montons au V6.

Nous entrons dans le V11 à 11 h. Il y a pas mal de neige, et surtout de magnifiques cristaux de givre sur les parois (plus de 20 cm), et sur la corde. Le pendant, c’est que ça caille, et que nous devons progresser couché sur le dos une bonne partie de la descente. Sur la fin, nous devons quitter la main courant en deux endroits parce qu’elle est bien prise dans la neige, il nous faut donc tailler des marches pour passer sans risques.

Nous descendons ensuite les mains courantes dans la conduite forcée. Pour information, il y a une petite longueur avec un début de tonche (touchette sur un angle), mais je n’ai pas pu l’isoler, il faudra changer cette portion de la corde dans un avenir proche. Une fois dans la galerie des Aiguilles, nous allons au Puits que l’On Traverse, où nous prenons la galerie du même nom. En effet, en 2015, en en levant la topographie, j’avais repéré un départ de conduite forcée (en fait, la suite logique), colmaté, avec du courant d’air. Armés d’un piochon, nous nous attaquons au colmatage, nous creusons difficilement pendant 2 h en nous relayant, il y a pas mal de blocs qui nous donnent du fil à retordre, mais nous finissons par passer. Derrière, nous nous retrouvons dans un élargissement de la conduite forcée. Celle-ci continue à monter, toujours bien remplie par des blocs et de la glaise. Il y a toujours un petit courant d’air aspirant. Pour espérer continuer, il faut creuser, sur a minima 4 m. Dans cette bulle, il y a de petits départs, mais très rapidement trop étroits pour passer.

Nous faisons demi-tour en levant la topographie (10 m), rangeons le matos, et filons vers les Excentriques. Au bruit du collecteur, nous ne tentons même pas de passer par les Pseudos-Siphons, nous passons par les Branlots et le Passibas. Je trouve le passage plus humide que d’habitude. Pourtant, quasiement rien ne tombe du plafond de la salle de l’Echo !

Nous passons un peu de temps à regarder les coupes dans les sédiments, notamment celle travaillée par Richard Maire à l’époque,  puis sortons au V6 à 17 h. TPST : 6 h.

Nous prenons notre premier en-cas de la journée (1/2 saussisson + 100 gr de gruyère…), descendons au refuge, le rangeons, nettoyons le matos, et enfin descendons à la voiture pour revenir sur Grenoble en soirée.

TPST : 15 h + 6 h

Participants à l'activité

Xavier RXavier R.

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