Avec mon collègue Yann, ça fait un moment que nous voulions faire une sortie terrain dans le V4bis pour caractériser la déformation cassante et trouver de quoi la dater. Et comme actuellement, nous avons une étudiante de L3 sur ce sujet (Laura), nous essayons de faire cette mission pendant son stage qui se termine fin avril. L’idée, c’est d’aller dans la galerie qui descend du V4bis vers le puits des Savoyards pour 1) effectuer une captation 3D de la galerie, et 2) trouver des concrétions cassées/décalée par le jeu de la faille.
Nous avions programmé une sortie fin février, mais la météo ne nous avait pas aidée, et nous avions annulé la sortie. Cette fois-ci, c’est tout bon, les conditions sont au vert pour la sortie. Nous n’avons qu’une seule interrogation, c’est de savoir si le V4bis est bien ouvert… Christophe Lavorel y est passé deux semaines avant notre sortie et m’avait annoncé qu’il y avait beaucoup de neige et qu’il n’avait pas trouvé le V4bis…
Jeudi 12 mars
Nous partons d’Edytem (Chambéry) vers midi, et commençons à monter à partir du parking du haut vers 15 h. Nous commençons à marcher sur la neige, humide et lourde, au niveau du départ de la voie d’escalade Les copains d’abord. Yann, Anne et Laura chaussent les skis, mais devront déchausser à deux reprises pour franchir quelques passages caillouteux. Julien, Hugo et moi chaussons les raquettes peu avant la résurgence des Eaux Froides. Nous arrivons au refuge un peu avant 17 h, sous un bon soleil, avec quelques coups de soleil naissants… Je m’attendais à ce qu’il y ait plus de neige que ça au refuge : nous n’avons pas besoin de pelleter pour ouvrir le battant supérieur de la porte, et nous devons pelleter à peine 10 min pour ouvrir complètement le bas de la porte. Il fait 4°C dans le refuge.
Anna et Yann rechaussent les skis pour faire une trace en direction du V4 en passant par la moraine derrière le refuge. Pendant ce temps, au refuge, nous nous installons pour l’apéro. Christophe arrive à 19 h 30 avec une fondue pour tout le monde ! Il n’a même pas chaussé ses raquettes. Super soirée !
Vendredi 20 mars
Toute la nuit, j’ai revu les photos de Christophe de la zone du V4bis et tourné en rond en cauchemardant que nous n’arriverions pas à trouver/ouvrir le V4bis… Et pour ne pas aider, j’ai fait l’erreur de monter mon duvet d’hiver, et je crève de chaud… Résultat, à 6 h 45, j’en ai marre et sort préparer le café.
Nous partons, encore à l’ombre, un peu avant 8 h 30. 1 h plus tard, nous sommes dans la combe du V4bis. Et effectivement, il n’y a plus de V4bis… Zut… Nous sondons à plusieurs endroits, mais malgré nos longues sondes (>2,5 m), nous n’arrivons pas à toucher le rocher ou le sol et ne pouvons pas délimiter exactement où est l’entrée du V4bis. Je suis pourtant sûr de mon coup, et à un endroit (au bon ?), nous attaquons à creuser à la pelle à neige. Nous sommes 7, nous tournons, et ça avance vite. Après plus de 2 m creusés, rebelotte, nous re-sondons. Là encore, nous ne trouvons rien de dur… Tout le monde continue à creuser, et de mon côté, par acquis de conscience, je vais du côté du V6 avec une des longues sondes.
Sur la position présumée du V6, je sonde. Et là, bingo, j’arrive à délimiter le méandre d’entrée décapité du V6, enfin, je crois… En tout cas, même sur les épaulements du méandre, il y a plus de 2 m de neige… Après discussions avec le groupe, nous décidons de tenter d’ouvrir le V6. Nous pelletons une bonne heure, et creusons entre 5 et 6 m (vertical + tunnel) dans la neige. C’est impressionnant, mais ça paye, et nous arrivons à ouvrir le passage. Il est 11 h 45. Nous avalons 3 tranches de saucisson, nous habillons et sautons dans le V6. A l’intérieur, il n’y a presque pas de neige, et pas du tout de glace. C’est nickel. Et le courant d’air (aspirant/hivernal) est très faible, ce qui nous permet de ne pas avoir trop froid, c’est l’idéal !
Hugo fait un lever Lidar dans la galerie du V6, où nous échantillons quelques calcites pour datations. Puis, nous partons dans la galerie du Maïs où nous réitérons la manip sur deux autres zones. Christophe déniche un oreillard entre les deux cordes remontantes vers la galerie du Maïs, ainsi qu’un Murin du groupe moustache dans la galerie du Maïs peu avant le premier toboggan. Tout le monde est super content !
Pendant que nous travaillons sur notre dernière station, Christophe fait un tour jusqu’à la salle de la Chatière, puis ressort avant nous, il doit être à un repas le soir à Annemasse ! Nous ressortons vers 16 h et sommes au refuge à 17 h.
Le temps de ranger le refuge, clipper les skis/raquettes et de glisser dans la soupe, nous arrivons au camion Edytem à 19 h.
Participants à l'activité
Xavier R.

