Vendredi 22 août
Alex et Lucie montent en fin d’après midi et mangent au refuge gardé le soir. Ils attendent sagement Fred pour pouvoir entrer dans notre refuge : c’est Fred qui a les clefs, et il part du parking un peu avant 20 h. Steph et moi montons ensemble une demi-heure plus tard.
Pour ce weekend, nous avions prévu une équipe au Solitaire, et une équipe au CP7 puis au LS8. Mais finalement, il y a eu un peu de défection dans nos troupes, ce qui fait que la sortie au Solitaire est compromise. Du coup, nous décidons tous de nous rabattre sur deux nuits (une seule pour Fred qui doit redescendre dimanche soit sur Lyon) à la belle étoile sur notre camp des LS.
Samedi 23 août
Nous nous levons comme d’habitude, vers 8 h. Après le petit dèj et de nombreuses discussions, nous chargeons les sacs avec le matos de spéléo, de prospection, de désobstruction et de bivouac, et commençons à monter vers 10 h 30. Ca faisait longtemps que je n’avais pas eu un sac comme celui-ci, ça m’a rappelé ma jeunesse !
A 12 h 30, nous sommes au CP28. Nous y mangeons rapidement, puis nous ajoutons chacun une à deux bouteilles d’eau supplémentaires, car nous suspectons que nous aurons du mal à trouver de l’eau au camp des LS. Puis, Fred et Steph partent de leur côté pour tenter de retrouver l’accès au P100 du gouffre du Tomawak (encore un P100 de perdu sur le massif…), et de faire de la prospection. Je les laisse raconter leurs riches aventures, avec la découverte du LP65, un gouffre au potentiel intéressant…
De notre côté, Lucie, Alex et moi montons directement au camp des LS poser notre matériel de bivouac et notre bouffe. Puis, nous passons à la cache à matos récupérer les cordes et les amarrages, et montons au LS8.
Au LS8, je descends dans la branche à désobstruer. Je suis dubitatif devant l’étroiture. J’avais un souvenir de courant d’air soufflant puissant, mais là, j’ai plus l’impression que le trou respire. C’est étonnant. Je ne me souvenais pas, mais Steph (et Antoine ?) étaient revenu ici depuis la redécouverte du trou, et avaient effectué un tir mono-trou qui avait fait du bon boulot. Je perce trois trous en rive gauche, connecte la ligne et ajoute en extérieur un bout de ligne provenant de l’entrée du CP7. Je branche, mais rien ne se passe. Au final, il me faut me rapprocher du trou, et mettre des fils rose et vert bout à bout pour arriver à déclencher l’orage qui nous secoue bien !
Pendant que je perçais, Lucie et Alex ont fait des tours plus ou moins grands autour du LS8. Ils ont trouvé un bon nombre de trous non marqués, dont un qui a vraiment bonne tête. Je profite du temps nécessaire au dégazage du LS8 pour aller voir ce trou. Ce sera le LS64 (a, b et c, car il y a 3 entrées distinctes). J’équipe, et descends un P11, puis un P7 et un autre P7. En bas, c’est la fin sur fond de cailloutis, il n’y a pas vraiment de courant d’air important. Je remonte en levant la topographie et en explorant une lucarne qui donne à la base d’un autre puits de 11 m avec deux entrées (les b et c). Je lève 65 m de topographie pour -29 m.
A ma sortie, il est 18 h 30. Nous retournons à l’entrée du LS8. Il n’y a plus de nuage de gaz. Je descends, mais au fond, tout est bien bouché par le tir, et il subsiste une odeur caractéristique. Je tente malgré tout de retirer les gravats pour ouvrir sur le méandre et réactiver le courant d’air. J’y arrive rapidement, et à ma surprise, le courant d’air qui se met en place est bien soufflant, ce qui assainie le fond du trou rapidement. Je continue à enlever les gravats en montant un mur de 80 cm de haut (que je remplis derrière !)au pied du P6 d’entrée ! Au bout d’1 h 30 de gratouillage, j’en ai ma claque, j’ai mal aux mains et aux bras. J’ai du évacuer environ 2/3 du tir, mais ça me suffit pour pouvoir commencer à percer le tir suivant. Je commence 5 trous, et lorsque ma seconde batterie se vide, au vu de l’heure et de la fatigue, je remonte dehors.
Nous laissons le matériel et retournons au camp des LS où nous retrouvons Fred et Steph qui sont eux aussi content de leur journée. Il est presque 21 h.
Le soleil disparait, et il nous faut rapidement enfiler les couches les unes par dessus les autres… Ca caille. Nous mangeons rapidement, et nous transférons dans nos duvets humides, voir même mouillés (!) à cause de la rosée importante…
Dimanche 24 août
Nous avons tous dormis plus ou moins bien, en claquant plus ou moins des dents à cause du froid et de l’humidité. Je ne suis pas sûr qu’il ait gelé, mais quand même, nous ne devions pas être loin des 0°C… Nous attendons que le soleil tape bien sur nos duvets pour en sortir vers 8 h 30. Comme d’habitude, la vue du camp au matin est dantesque !
A 9 h 30, nous partons tous pour le LS8. Je retourne au fond du trou pour finir le perçage puis lancer les hostilités. Pendant ce temps, Steph, Fred et Alex font un bon tour de prospection, sans perfo ni cordes, mais topographient tout de même deux nouveaux trous (LP65 et LP66).
Nous mangeons à côté du LS8, et Fred nous quite à contre-coeur pour redescendre dans la vallée, bien chargé. Il faut dire que la météo est superbe : grand ciel bleu, pas trop chaud, pas trop froid… Les conditions idéales pour être sur les LS !
Je retourne au fond du LS8. Comme la veille, le nuage a disparu, mais au fond, ça sent encore… Comme la veille, je réouvre l’accès au méandre en priorité, puis évacue les gravats, soit en continuant mon mur au pied du puits, soit en les faisant glisser vers la suite. Ils tombent avec de nombreux rebonds. Le puits qui suit n’a pas l’air très large (est-il franchissable ?), mais il doit y avoir bien 30 m de verticale… Cette fois-ci, nous n’avons pas de chance, le trou respire encore, et du coup, je sens que je commence à me faire gazer. Pendant ce temps, Steph lève la topographie de toute la partie historique du LS8, puis me rejoint au fond. Il fini la topographie et jette un coup d’oeil à la suite, puis nous décidons de ressortir à cause des gaz. Je remonte doucement, je me sens fatigué… Je suppose que c’est lié au gaz.
Une fois dehors, nous décidons d’aller nous balader à vide sur les lapiaz en direction de Pointe Rousse et de la Vogealle. Alex et Lucie découvrent le site ! Moi, je me sens bien fatigué… Probablement les gaz… Mais j’arrive tout de même à faire les tours et les détours pour franchir les différents décrochements. Sur le chemin, Steph explore le LS65. Il y a encore plein plein plein de trous qui n’ont pas de numéros, et qu’il faudrait descendre… Ce qui est marquant, c’est qu’il y a très très peu de neige dans les trous, je n’ai jamais vu la zone comme ça. Steph, lui, monte en zigzag jusqu’à la brèche donnant sur le col des Chambres qui lui, est aussi bien sec… Il va falloir qu’on refasse de bonne séances de prospection ! Et juste sous la brèche, proche du chevauchement, il trouve un joli P10 qui a l’air de donner sur une suite. Il va falloir revenir avec du matériel !
Nous nous retrouvons tous en bout, avec la vue sur le col de la Combe aux Puaires et la descente vers la Vogealle. Je montre à Steph où j’étais allé lorsque j’étais venu seul (en 2015), et surtout le seul porche que j’avais repéré dans la falaise. D’où nous sommes, il se voit bien. Pour y aller, c’est un peu scabreux, mais Alex et Steph se motivent pour y aller… Mais pas de bol, c’est une galerie remontante rapidement impénétrable… Nous la noterons tout de même, histoire que nous ne passions pas de temps à y retourner…
Nous revenons au LS8 entre 18 h 30 et 19 h, chargeons tout le matériel et rentrons au camp pour terminer la soirée. Steph profite des dernières minutes de soleil pour aller marquer à la peinture les deux trous qu’il a topographié avec Alex. Le coucher de soleil est de toute beauté, mais la température chute ensuite rapidement, ce qui nous force à nous enfiler dans nos duvets assez tôt !
Lundi 25 août
La nuit a été sèche, mais en revanche, il y a eu du vent toute la nuit… Nous n’avons pas eu chaud. A 8 h, nous sommes debout, au soleil. Nous avons bien géré la bouffe, il nous reste pile poil pour un petit pique nique pour le midi. Le camp est vite plié, et à 9 h 30, nous décollons, direction le LP65, le trou que Steph et Fred ont trouvé le samedi après midi, et qui nécessite de la corde.
Sur le trajet vers le LP65, nous traversons une zone avec de superbes entrées, mais qui n’a visiblement jamais été prospectée, elle est vierge de numéros. Pourtant, ça a de la gueule, et du camp de la Combe aux Puaires, c’est facile et rapide d’y venir ! Le LP65 est dans cette zone là, juste au dessus du gouffre du Tomawak. Steph et Fred y sont entrée par un méandre au début étroit dans un puits à neige désescaladable (LP65a), et ont trouvé une entrée supérieure plus sympathique, mais nécessitant de la corde (LP65b). Nous équipons cette entrée, descendons le P8 et arrivons rapidement au terminus précédent. C’est vrai que c’est chouette, c’est un beau méandre d’une quinzaine de mètres de haut, et plutôt confortable. Et ce qui est notable, c’est un bon courant d’air soufflant ! Nous descendons le P10 suivant, puis un P7, et continuons à mi-méandre. Le méandre fait un brusque virage étroit à la faveur d’une faille. Steph passe et arrive au sommet d’un nouveau P10. C’est motivant, mais nous n’avons plus de corde. Nous levons la topographie au retour, et trouvons un shunt à l’étroiture précédant le P10 (qui devient plutôt un quasi P20), mais qui nécessite d’équiper une petite escalade d’une corde. Nous ressortons à 12 h 30 (TPST : 2 h 30 environ), rangeons le matériel et descendons au CP28 pour déposer les bouteilles d’eau vides et la vaisselle.
Comme prévu, à 13 h 35, nous attaquons l’interminable descente jusqu’au refuge, où nous buvons une bière. Nous rangeons notre refuge et retrouvons nos voitures à 18 h 30.
Bilan
Déjà, c’était un super weekend !
Pour le LS8, notre impression est mitigée. Il nous faut faire une séance supplémentaire de tirs pour voir si le puits est franchissable sans aménagements. Si non, alors, il faudra peut-être mettre nos forces ailleurs sur la zone.
La trouvaille la plus intéressante, c’est le LP65, avec un arrêt sur manque de matériel et un bon courant d’air. Clairement, la morphologie du trou est motivante, nous avons l’impression d’être dans un vrai trou de Samoëns, ce n’est pas un simple trou à neige. Toutes les séances topographiques mises bout à bout, le trou développe 129 m pour 43 m de profondeur. C’est à continuer.
La zone tout autour du LP65 est à prospecter. Il n’y a plus du tout de neige, et il y a plein de trous ! C’est à côté du camp de la CP, il faut juste se remotiver à faire des camps en juillet sur la CP !
Toujours sur la zone des LPs, nous avons a priori retrouvé la seconde entrée du Tomawak qui donne sur le P100 (qui est à topographier !). Il suffit d’y retourner avec le matériel adéquat.
Finalement, avec tous nos petits trous trous topographiés, nous ajoutons 396 m de topographie. Cela fait qu’en 2025, nous en sommes déjà à 1069 m de topographie (pour 794 m de première, le reste étant de la topographie de réseaux connus mais non topographiés) sur le massif du Folly ! C’est pas mal du tout !
Participants à l'activité
Stéphane L.
Xavier R.








