Réseau de la Combe aux Puaires, bivouac dans l’amont de la Rivière

du 07/11 au 11/11/2025 | Samoëns (74 - Haute-Savoie) | France

Vendredi 07 novembre

Nous nous retrouvons sur le parking du haut un peu après 21 h 30. Nous sommes tous au refuge 1 h 40 plus tard. Le temps de tergiverser sur nos futures premières, nous nous couchons entre minuit et 1 h du matin…

Samedi 08 novembre

Après un lever à 8 h, nous préparons nos kits, enfin nos gros kits, pour la virée que nous prévoyons, à savoir deux nuits de bivouac dans le camp du réseau de la Combe aux Puaires, dans l’amont de la rivière de la Tête à l’Homme, en passant par le CP7, le Huit et le Sirocco. Le piège, dans tout cela ? C’est simple, en plus de notre matériel de bivouac, la bouffe et le matériel d’exploration, il nous faut aussi prendre de quoi rééquiper toute la zone du Huit aux Quatre vents… C’est donc bien chargés que nous commençons à partir du refuge (vers 10 h). Pour Ambre et Louison, ce sera leur premier bivouac souterrain. Pour Fred, ce sera sa première découverte des grandes galeries de la Tête à l’Homme !

Nous marchons dans la neige une centaine de mètres après avoir quitté le refuge du haut. Mais elle est assez dure et peu profonde. Ce n’est que sur la fin, lorsque nous passons sur les zones ensoleillées que nous nous enfonçons inopinément entre les cailloux. Nous arrivons à la salle à manger devant le CP7 à 11 h 30. Nous profitons du soleil, entamons nos réserves de nourriture, et la première équipe (Steph et Loiuison) descend le puits d’entrée un peu avant 1 h 30. A la base du puits d’entrée, Steph creuse la neige pour passer dans le méandre désobstrué. Le trou est en régime hivernal (il aspire légèrement). La seconde équipe (Fred, Cédric, Ambre et moi) suivons très rapidement. Steph et Louison sont chargés principalement de matériel d’équipement, et ils récupèrent des cordes et les dyneemas à la base de la galerie du P18. Nous, nous portons tous les bivouacs et la bouffe pour les trois jours.

Notre équipe descend doucement. Arrivés au sommet du Huit (étonnement en régime estival ), nous voyons que Steph et Louison ont déjà rééquipé le P11 d’accès à la base du CP14. Fred et moi topographions la boucle du sommet de la galerie du Huit, et y repérons un petit départ à aller voir après une E5 facile à faire. Pendant ce temps, les Lacharmoises font un peu de photos dans les galeries concrétionnées.

Une fois la topographie terminée, nous descendons le P11 (le rééquipement est nickel) et nous dirigeons vers la faille du Sirocco. J’avais un vague souvenir d’une conduite forcée surcreusée et parfois un peu pénible à parcours.. Et bien franchement, c’est pire que dans mon souvenir, certains passages mériteraient une petite main courante pour sécuriser la progression. Le « P30 » qui suit est bien comme je m’en souvenais : noir, dans l’Hauterivien, glissant, tapissé de boue, humide,… Steph a tout de même bien amélioré l’équipement d’origine, même s’il reste encore un ou deux points à retravailler (frottements au début du premier pendule). Lorsque nous arrivons sur le palier, nous voyons Louison s’enfuir dans la faille, et entendons le perfo fonctionner.

Pour l’attente, je vais visiter le petit boyau de « 20 m » qui part du palier, quasi au pied de la corde. le début est bien humide, mais ça se descend facilement, avec un contact rapproché avec le rocher. Tiens, un carrefour. Puis un second. A chaque fois, je prends ce qui me parait le plus grand. Puis à ma grande surprise, la galerie s’agrandie (j’arrive à tenir assis, sans avoir l’arrière-train au fond d’une marmitte pleine d’eau !). Je descends… Je trouve que 20 m, c’est long finalement ! Il y a plein d’excentriques, c’est presque propre, puis je butte sur un colmatage complet. Il n’y a pas de courant d’air. Je fais demi-tour en levant la topographie. Je retrouve Fred dans le labyrinthe d’entrée du boyau, où il m’aide à finaliser la topographie. Au total, ça fera 145 m de topographie ! Comme nous avons toujours profité d’une attente pour le visiter, ce sera le boyau de l’Attente.

Il est 19 h 30. Nous continuons notre progression dans la faille du Sirocco en suivant les mains courantes remises à neuf. Je ne m’en souvenais pas vraiment, la remontée avec un gros kits est parois bien sportive… Plus nous avançons, moins le rééquipement est présent, à cause d’un manque d’amarrage, probablement. Ce sera à terminer une fois prochaine. Nous rattrapons Steph et Louison au sommet du P7. Etant maintenant à vide, ils nous délestent un peu, et nous prenons tous le chemin du bivouac où nous arrivons un peu avant 21 h. Le temps de nous installer et de manger, nous nous couchons vers 23 h.

Dimanche 09 novembre

Nous nous levons à 8 h 30. Le petit déjeuné est vite avalé, puis nous préparons nos kits pour la journée et discutons de l’organisation. Steph et Cédric vont vers l’amont continuer l’escalade de la Pinaille. Fred, Louison, Ambre et moi allons vers l’aval pour tout refouiller, désobstruer si besoin, ainsi que finir l’escalade des Cataphiles, la topographier et le déséquiper. D’après les informations que nous avons pour l’aval, nous estimons que nous n’aurons pas besoin de beaucoup de matériel, nous prenons juste une corde correcte ainsi qu’une grande dyneema et cinq plaquettes.

Nous nous quittons vers 10 h. De notre côté, nous descendons la cascade de la Désespérance. La descente est impressionnante, elle vaut le coup d’être faite au moins une fois. C’est vraiment dantesque comme ambiance : salle très noire, nous ne voyons pas vraiment où nous allons, et nous descendons juste à côté de la cascade, plein vide. Ensuite, je cherche le passage (je ne connais pas la suite), et je suis surpris à avoir à descendre des ressauts sur de gros blocs glissants, un peu exposés, et non équipés. Nous retrouvons la rivière et passons sous l’arrivée des Massues (corde datant de… 1991 !), puis prenons la main courante qui monte au dessus de la rivière. C’est joli, mais l’équipement est vraiment mauvais, ancien, peu confort, et par endroit dangereux. Nous nous disons que s’il nous reste du matériel et de la batterie, nous le retravaillerons au retour. Nous arrivons sur un palier, au dessus d’un joli bief profond. Je me vois forcé d’équiper pour descendre sans nous mouiller tout comme le ressaut arrosé suivant. Au retour, Fred me dira : « Ah, je me souviens maintenant, c’est dans ce ressaut que je suis tombé et que je me suis trempé lorsque j’étais venu avec les Cataphiles !« .

La suite ? C’est très joli, mais là encore, l’équipement laisse vraiment à désirer. Si nous trouvons une suite par ici, il va vraiment falloir faire une séance sérieuse de rééquipement pour tout sécuriser. La cascade de 22 m est superbe, tout aussi impressionnante que la cascade de la Désespérance.

Nous trouvons facilement l’escalade des Cataphiles. Mais comme nous n’avons plus de matériel, nous continuons dans la galerie principale. Nous trouvons le bivouac des Cataphiles, encore monté, au carrefour aval. Le bivouac est vide, mais nickel, il doit y avoir environ quatre places. Nous prenons la galerie derrière le bivouac. C’est vraiment joli, même si c’est un peu plus petit (enfin, il ne faut pas exagérer non plus !) que la partie avant le bivouac. Nous arrivons au terminus, qui est une trémie qui butte contre la paroi. Un petit actif se perd dans les blocs au niveau d’un soutirage. Il me semble qu’il y a du courant d’air soufflant, ce qui est bon signe vu que la cavité est en hivernal aujourd’hui.

Tout au bout, contre la paroi, les Cataphiles avaient entamé une désobstruction. Je descends à leur terminus, et tout de suite, je sens qu’il y a la aussi un courant d’air Soufflant. C’est bon signe ! Nous nous mettons tous à creuser, élargir le trou des cataphiles, monter des murs, nous faire passer des gros blocs, de petits cailloux, de la terre… Ca avance assez vite. Au bout d’un moment, Ambre et moi qui sommes au fond trouvons que nos bras commencent à être court pour faire passer les blocs aux bâtisseurs du dessus… Nous prenons un kit en guise de récipient et continuons nos norias de cailloux. 1 h 45 après le début de notre acharnement, nous avons évacué presque 1 m3 de gravats, et sommes descendus d’un bon mètre sous le terminus des Cataphiles. Le courant d’air est toujours présent, et nous arrivons à voir entre les blocs, sur au moins 50 cm que la paroi reste encore verticale.

A 14 h 30, nous arrêtons nos travaux de terrassement, et prenons un temps pour manger. Puis, nous remontons au bivouac et allons visiter l’autre fond. Dans le soutirage avant la désobstruction de Steph et Antoine, nous entendons le collecteur bien distinctement. Mais ni ce soutirage, ni le terminus de Steph et d’Antoine ne donne envie de s’acharner : le colmatage est très important, il parait bien colmater la galerie, et il n’y a pas de courant d’air.

Nous remontons vers l’escalade des Cataphiles. L’équipement paraissant bien olé-olé, une seule personne (Fred) monte. Hormis la première longueur qui frotte un max, le reste est finalement plutôt correct au vu de la qualité de la roche. Au terminus (qui frotte),n il reste 4 m à escalader sur une roche pourrie pour atteindre une galerie d’1,2 à 1,5 m de haut, peu large mais passable d’où arrive un petit actif. Ca ne semble pas un objectif prioritaire, mais il faudra tout de même terminer cette escalade.

Nous remontons tranquilement en protégeant les cordes de la crue et en prenant le temps d’utiliser cette belle chasse d’eau naturelle chacun à notre tour. Nous revenons au bivouac à 18 h 30. Steph et Cédric sont déjà dans leurs duvets. Ils sont revenus une grosse demi-heure avant nous, ont déjà mangé une soupe et sont bien au chaud ! Ils ont sorti la Cascade de la Pinaille, puis ont grimpé un R3, un P6, et ce sont arrêtés sur une nouvelle E20 arrosée, mais dans un superbe rocher. Au sommet, l’actif arrive d’une belle galerie de 2 m par 3 m à atteindre une prochaine fois. Il y aura aussi d’autres départs à voir en hauteur. Ils font demi-tour par manque de batterie, et lèvent la topographie.

Nous, nous trainons un peu, et en bon dernier, j’éteins la lumière à 21 h 15 !

Lundi 10 novembre

La nuit a encore été correcte, malgré les gouttes de condensation sur les duvets, nous nous levons vers 8 h 30. Nous plions le bivouac, et faisons l’inventaire. A 11 h, Steph et Louison partent vers l’amont pour déséquiper l’escalade de 2014, et améliorer l’équipement d’hier. Louison se charge du déséquipement, technique, de l’ancienne escalade.

Nous autres, nous remontons tranquillement, petit à petit. Cette foi-ci, la cavité est en régime estival. Sur le chemin, Ambre se charge d’une batterie de perfo laissée à l’aller, et Fred d’une trentaine de mètres de cordes à mettre au rebut. Nous mangeons à 14 h 30 en bas du Huit. Cédric et moi sortons un peu avant 17 h 30, Ambre et Fred à 18 h, et Steph et Louison à 19 h. Nous descendons au refuge en moins d’1 h 20, où nous dévorons ce que nous trouvons dans les réserves de pâtes !

Mardi 11 novembre

C’est la grasse mat’ : Fred nous lève à 8 h 31 (au lieu de 8 h 30 !). Nous prenons notre temps, vidons les réserves de bouffe, lavons le matériel, faisons des corvées d’eau, rangeons le refuge… Nous descendons en début d’après midi. Sur le chemin, Steph et moi ramassons quelques champignons. Nous arrivons au parking vers 15 h. Nous arriverons chez nous entre 18 h et 18 h 30.

Bilan

Nous n’avons pas fait tout ce que nous avions prévu, mais le bilan et plus que positif :

  • nous avons bien avancé le rééquipement de la zone du Sirocco, mais il y a a minima encore une bonne séance pour paufiner à la fois le P30 et la vire du Sirocco. Idéalement, il faudrait aussi sécuriser 2 ou 3 portions de la galerie précédent le puits de la faille du Sirocco. Au final, pour aller au Bivouac, passer par le CP7 ou par le CP16, à l’aller, les deux passages se valent…
  • L’escalade de la Pinaille est franchie, mais il faut continuer encore en artif sur au moins 20 m. C’est très intéressant, c’est gros, et il y a un bon courant d’air. Le rocher est bon, nous montons maintenant dans l’Urgonien. Pour l’instant, nous sommes toujours sur la faille qui part au nord. Est-ce que ça donnerait sur le fond du LP19 (trou à Courant d’air, -140 m, arrêt sur faille étroite dans roche de m***) ? Si oui, ça donnerait un accès rapide et royal au bivouac (mais il faut monter au LP19 !), et ça ajouterai 190 m de déniv au réseau ! Du sommet de l’E20 à faire, il manque 140 m de déniv pour jonctionner.
  • Au total, nous avons levé 447 m de topographie, dont environ 200 m de première (en comptant les visées vers les départs en hauteur. Le réseau passe à 11,6 km de développement.
  • Le boyau de l’Attente semble être l’amont des petits réseaux amonts de la galerie du CP12, leurs terminus sont plutôt proches les uns des autres. L’amont de cette galerie, en face de la faille, est à atteindre (max 5 Pulses à poser, accès facile). Il y a du colmatage, mais ça parait passable sans problèmes, et ça peut mener assez loin : à la base du P30 borgne ?
  • Il faut toujours descendre le puits dans la faille du Sirocco, c’est probablement bouché, mais c’est à voir et à topographier !
  • A l’aval de la rivière de la Tête à l’Homme, il faut rééquiper correctement l’accès, mais je pense que ça vaut le coup d’insister un peu sur la désobstruction du terminus. Il faut être 3 voir 4 personnes, avec des sacs cabas solides pour se faire passer les petits cailloux. Il faut peut-être agrandir la zone de désobstruction pour éviter que celui qui creuse ne se fasse ensevelir, même si pour l’instant, la pente parait assez stable. Pour la suite, il n’y a pas à réfléchir, il suffit de creuser. L’enjeu ? Et bien, la suite de la rivière, direction l’Ermoy ! Il n’y a plus qu’à rêver
TPST : 52 à 54 h

Participants à l'activité

Ambre LAmbre L.
Stéphane LStéphane L.
Louison MLouison M.
Xavier RXavier R.

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