Sortie à Gournier

le 10/08/2025 | Choranche (38 - Isère) | France

Stéphane Dumartin avait proposé une sortie canyon et Gournier. Après le canyon de samedi qui vous serra narré par Léo, nous bivouaquons samedi soir à Saint-Julien en Vercors.

Partis le matin pour le parking de Choranche, nous nous préparons en enfilant notre tenue de spéléo; la combinaison de canyoning rangée dans des kits.
J’ai apporté mon magnifique canoë rouge Gumotex. Il est un peu lourd mais grâce aux gros bras musclés de Léo nous l’apportons jusqu’au lac.
Dès le parking, nous avions repéré un couple d’italiens qui s’équipaient, mais aussi 2 groupes de touristes avec leur BE en train de se préparer: nous craignons la foule… Finalement, une fois passé le lac nous serons généralement tranquilles, et surtout une fois dans la rivière de Gournier nous serons parfaitement seuls.
Le lac est vraiment très bas. Nous gonflons le canoë et naviguons à 3 dessus avec tout l’équipement sans problème. Nous profitons de la main courante déjà installée par un groupe avec leur guide, puis entrons dans la galerie fossile principale. Les espaces sont vastes. La circulation est facile, il y a des concrétions partout parmi les chaos de roche, c’est magnifique, on n’est pas encore dans la rivière et on en prend déjà plein les yeux. Nous nous changeons, devant l’entrée numéro 1, qui de la galerie principale permet de descendre jusqu’à la rivière. Un des guides sur place, qui s’occupe de ses clients, se moque un peu de la tenue canyon de Léo et prend des airs dubitatifs en nous entendant parler d’aller jusqu’à la salle Chevalier. En réalité c’est une balade plutôt facile; le guide était juste de mauvaise humeur.
Passée la petite étroiture menant à la rivière dont le niveau est bas; nous la remontons facilement vers l’amont. Nous profitons au maximum de l’eau fraîche en pensant aux malheureux qui croupissent sous la canicule. C’est très ludique, très joyeux, très esthétique. Il y a des gours, des ruisseaux, des cascades. On nage, on saute, on grimpe jusqu’à la cascade de 12 m puis la Salle Chevalier.
Sur tout le parcours le sol est recouvert d’une couche de calcaire fine déposée par l’eau courante. Cela le rend fort agrippant pour les chaussures, c’est vraiment agréable et contraste avec la galerie fossile qui est assez glissante. La salle Chevalier est un vaste puits, du fond duquel on aperçoit le haut. Il forme un cylindre creux très régulier avec à la surface un blanc gracieux. Nous rencontrons 2 spéléos, sortant tels des gnomes d’une étroiture dans la paroi: ils reviennent du haut de la salle. Selon eux, c’est très paumatoire.
Après une collation le retour se fait sans difficulté. Nous choisissons de garder nos combinaisons canyons jusqu’à la fin, en enlevant uniquement le haut, ça se passe assez bien. Nous prenons le temps de faire plein de photos en profitant de temps de pose longs (2 à 3 secondes) pour éclairer toutes les concrétions, technique proposée par Léo.
Arrivés au lac nous voyons que tous les touristes sont déjà partis, les guides finissent de déséquiper la main courante. Comme nous sommes un peu paresseux et que nous avons toujours notre tenue canyon, Steph installe un rappel largable depuis la galerie directement vers le lac s’encombrer de la main courante. Je descends au lac, nage jusqu’au canoë, le décroche et viens récupérer Léo et Stéphane directement depuis le rappel sans qu’ils touchent l’eau, c’est très agréable. Nous sortons ravis, il est 17h, nous étions entrés vers 10h 45. Nous faisons sécher le matériel, et rentrons sur Lyon.
Tpst 6h15: assez court selon les connaisseurs. C’est sans doute dû au fait que le niveau d’eau était bien plus bas qu’en hiver, ce qui a rendu la progression nettement plus facile.

Petite note sur l’étymologie du toponyme « Gournier »: de « Gour » = gouffre et « Nier » (comme dans Niger, negro etc..) = noir. Gournier = le gouffre noir.

Petite note sur l’histoire et la géologie de Gournier= le lac d’entrée n’a été exploré qu’en 1899; le conduit fossile à partir de 1947, la rivière 2 ans plus tard. La cascade de 12 mètres permettant l’accès à la salle Chevalier est passée en 1952. Les recherches se poursuivent pour trouver une autre sortie en amont. Léo a bien cru la voir durant toute la sortie, mais ce n’est sans doute du qu’à une exposition trop forte de son cerveau aux radiations dans le cadre de ses études en physique nucléaire.
Actuellement le réseau de la Grotte de Gournier est de + 680 mètres, le 6e du Vercors par sa profondeur et sa longueur de 18 000 mètres.

Le réseau fossile a été creusé il y a sans doute 3 ou 4 millions millions d’années suivant une faille dans l’Urgonien (calcaire blanc récifal déposé par sédimentation lors d’un épisode de climat tropical il y a plus de 100 millions d’années).
La rivière active située en dessous du réseau fossile a, elle, creusé la roche Hauterivienne (calcaire de couleur jaunâtre, plus ancien que l’urgonien) pendant les glaciations de Riss II et Würm il y a moins de 300 000 ans, alors que les hommes de Néandertal arpentaient déjà l’Europe et que Homo Sapiens se préparait à sortir d’Afrique..

6h15

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