Vendredi 11 juillet 2025
Je monte au refuge à Samoëns depuis Lyon avec Anthony. Nous arrivons en fin d’après-midi au refuge. Plusieurs équipes sont déjà sous terre au CP7. Nous ne savons pas s’il reste des lits disponibles au refuge et par précaution, nous montons nos tentes autour du refuge.
Samedi 12 juillet 2025
Une équipe constituée de Florent, Fred, Anthony et Christophe (spéléo belge) partent dans le réseau du Solitaire. Florent a fait la montée au refuge depuis le parking du bas ce matin avec Geneviève et Sandrine, et son sac est lourd. Il a peu de temps pour se reposer qu’il repart déjà avec son matériel faire de la spéléo dans le gouffre Jean-Bernard. Nous entrons sous terre un peu avant 13 h après avoir pique-niqué devant l’entrée.
L’objectif de la sortie est de jonctionner avec la rivière depuis la galerie partant du puits de la Savonnette. Depuis la découverte du réseau du Solitaire, nous supposons que Daniel Colliard était passé par cette galerie en escalade en exploration. Deux amarrages en attente sont déjà en place, nous avons pris peu de matériel, la jonction devrait être proche. Lors de l’équipement de l’obstacle suivant, je constate qu’il s’agit d’un P10 plein vide qui ne peut pas s’escalader. Daniel Colliard n’a pas pu passer par là. A la base du P10, c’est une balle galerie méandriforme de grande dimension. Nous entendons bien la rivière en contrebas. Je retrouve les traces de pas et première surprise en continuant ma progression, 3 trous de 8 mm de diamètre pour une main courante puis une verticale correspondant à un R4. Ce n’est effectivement pas Daniel Colliard qui est passé par là mais une autre équipe avec du matériel. Je poursuis ma progression en équipant et en réutilisant deux des trois trous de 8 mm, ils sont de la bonne longueur pour installer les goujons. Plus loin dans la galerie qui prend la forme d’une conduite forcée typique du Jean-Bernard, je retrouve deux trous de 8 mm en tête de main courante. Il n’y a plus de doutes, cette galerie a déjà été explorée et équipée avec des Pulses. Dommage que la topographie n’ait pas été effectuée ! Nous nous arrêtons sur manque de matériel (cordes, amarrages) au sommet d’un grand puits et aussi sur la suite de la conduite forcée en vire.
Anthony et Christophe remontent. Fred et Florent lèvent la topographie au retour. Nous laissons le matériel pour revenir terminer l’exploration le lendemain. Avant d’arriver au sommet du P10, j’aperçois 3 nouveaux trous de 8 mm, ils ne sont pas bien placés, la corde devait frotter. Au total, cela fait 8 Pulses observés. Le P10 a été nommé Puits des Pirates et la galerie en contrebas, Galerie des Pirates.
Nous ressortons en début de soirée.
TPST : 6 h 30
Dimanche 13 juillet 2025
Nous sommes deux à repartir au réseau du Solitaire ce matin, Florent et moi. Nous entrons sous terre en fin de matinée, nous piquerons sous terre. Nous reprenons l’équipement depuis la galerie des Pirates et descendons le puits observé la veille dont le fond semble être un immense chaos. Au bout de 15 m de descente, il faut installer une déviation pour s’écarter d’un énorme bloc et après une nouvelle descente, j’arrive non loin de la rivière. Je repère où nous sommes dans le parcours aval. Nous avons jonctionné dans la salle chaotique située après être remonté de 2-3 mètres pour quitter temporairement la rivière par une corde en rive droite. Nous sommes au 1er ou 2ème obstacle après la cascade Jean-Dupont. Nous sommes au sommet d’un petit puits, le débit et le bruit de la rivière sont impressionnants, on ne s’entend pas parler. J’en profite pour faire une courte vidéo pour rendre compte de l’ambiance. Le lien est le suivant, il est valable 13 jours : https://www.grosfichiers.com/uUBfZcZfJ85
Nous pique niquons rapidement et levons la topographie depuis la tête de puits connue dans la rivière. Nous déséquipons le puits.
Au retour dans la galerie des Pirates, nous poursuivons la conduite forcée en vire. Nous nous arrêtons rapidement car la galerie devient plus étroite et plus boueuse avec un large méandre qui s’ouvre au sol. C’est très exposé et il faut équiper. Les traces de pas des « pirates » font demi-tour également à cet endroit. La progression dans cette zone ne présente pas un grand intérêt car nous sommes finalement plus ou moins dans l’axe de la rivière, une vingtaine de mètres au-dessus. Nous déséquipons la galerie des Pirates et ressortons en fin d’après-midi après que Florent ait tenté l’expérience durant 5-10 minutes de se mettre dans la peau d’une chauve-souris.
Lundi 14 juillet 2025
Il a plu une partie de la nuit et il continue de pleuvoir en début de matinée. Cela s’arrête ensuite. Tout le monde en profite pour préparer ses affaires et redescendre ensuite dans la vallée. J’ai prévu de rester quelques jours de plus. Je monte dans l’après-midi faire une balade au lac des Chambres, il n’y a quasiment plus de glace sur le lac et son niveau est plutôt bas pour une mi-juillet. Il n’y a plus de névés à proximité du lac. Cela peut devenir compliqué à l’avenir si un mini-camp est organisé à proximité du B19 avec l’impossibilité de récupérer de l’eau de fonte des névés. Je fais un tour au B6, le matériel n’a pas bougé, et devant les entrées des B19, B21 et B22. L’entrée de ce dernier est toujours équipé en fixe. Les maillons rapides sont en zicral et ils commencent à bien s’oxyder. Il va falloir les changer ou déséquiper le puits d’entrée. Au retour, sur le chemin de randonnée principal à proximité du départ en direction du camp du B19, j’observe côté gauche du chemin en montant, un effondrement. Une cavité s’est formée, d’un mètre de diamètre environ, une petite galerie pénétrable se poursuit sur 5-7 m à 45° environ. Cet effondrement semble récent (2025 ou 2024) mais un gros bloc est en équilibre au-dessus de l’entrée et son exploration est dangereuse. Le terrain autour de l’effondrement est instable et il va probablement continuer à évoluer. Cet effondrement est situé dans l’axe d’un petit trou (sans neige maintenant) situé de l’autre côté du chemin de randonnée. Je n’ai pas vu de plaque nommant ce dernier trou.
Je retourne au refuge, passe par le V4 prendre un peu de matériel au passage qui est stocké. Je démonte ma tente pour m’installer à l’intérieur. Trois randonneurs s’arrêtent en fin de journée devant le refuge, il s’agit de Pierre Gaboriau, de sa femme et de son fils. Pierre est un ancien membre du club dans les années 1990. Le hasard nous avait déjà fait nous rencontrer quelques années auparavant en Chartreuse alors que nous nous préparions pour faire le gouffre Génieux. Ils installent leur toile de tente en face du refuge. Pierre me raconte ses années au club et ses sorties dans le gouffre Jean-Bernard. Il a participé à une sortie avec les Bulgares et a participé en partie au nettoyage du fond suite à l’expédition bulgare catastrophique au début des années 1990. C’est un ancien BE spéléo installé à Tanninges et à la retraite depuis de nombreuses années. Il avait régulièrement amené des clients dans le V4bis jusqu’à la cascade Jean Dupont.
Mardi 15 juillet 2025
Je pars au V4 bis rééquiper le ressaut d’entrée. Il n’y a dorénavant plus de glace en été et l’équipement constitué de bouts de cordes datant de l’Age de Glace est à reprendre. Pierre Gaboriau et son fils Thibault ont programmé de m’accompagner et de se balader jusqu’au sommet du puits des Savoyards. Je leur déconseille vivement de ne pas aller sous terre, ils n’ont pas d’équipement. Depuis la fonte du petit glacier souterrain dans la zone d’entrée, la progression sans baudrier n’est plus possible. Ils font le tour de la zone d’entrée du V4bis, ressortent, puis je les entends dans la salle Delacour, ils sont passés par le V4. Je ne les entends plus, je suppose qu’ils sont ressortis du V4. J’ai terminé l’équipement, j’ai retrouvé le pantin de Florent que j’avais égaré la veille. Je ressorts, me change et passe par le V4 pour récupérer une partie du matériel laissé à l’entrée. J’entends des voix dans le laminoir du V4, c’est Pierre et son fils, je les croyais sortis depuis un bon moment. Ils ont fait l’aller-retour jusqu’au sommet du puits des Savoyards, sans équipement ! Ils étaient en baskets, vieux joggings, sans casques, sans gants et avec deux frontales (sic !). Apparemment Pierre connaît des passages sans utiliser les cordes de la zone d’entrée. Ils prennent le reste du matériel stocké au V4, je ne pouvais pas tout prendre. Cela fait 2-3 kits au total. Il n’y a maintenant plus de matériel à l’entrée du V4, tout a été ramené au refuge.
Je profite de l’après-midi pour nettoyer le matériel. Les quelques vieux bouts de cordes et mousquetons moisis qui étaient stockés au V4 sont mis au rebut.
TPST : 2 h
Mercredi 16 juillet 2025.
Dernier coup de balai dans le refuge puis descente dans la vallée dans la matinée. La famille Gaboriau continue sa randonnée en direction des Avaudrues. J’arrive à Lyon dans l’après-midi.
