Traversée Couffin Chevaline

le 25/01/2025 | Choranche (38 - Isère) | France

La traversée de Couffin-Chevaline, qui commence et finit dans la grotte touristique de Choranche dans le Vercors, est réputée parmi les plus belles cavités de la région, notamment pour sa partie aquatique.
Pour y accéder il faut nécessairement l’autorisation du GSV (club spéléo de Valence), forcément en janvier ou février, donnée pour un groupe de 5 et personnes maximum, qui seront forcément accompagnés par un spéléo du GSV.
Coup de chance, après quelques semaines de gel, ce samedi 25 janvier la chaleur est revenue et nous enfilons confortablement nos bas néoprène sur le parking.
Florent, déclaré malade la veille au soir, est remplacé in extremis par Marc, un spéléo de la Saône qui a rejoint les Vulcains récemment. Mahieddine a fait la route depuis Thonon; Fred D., Louison et moi nous étions retrouvés aux aurores devant Décathlon. Sur place, c’est Olivier du GSV qui nous accueille.
Un peu avant l’ouverture officielle de la grotte, les exploitants nous laissent entrer dans la partie touristique et nous éclairent la grande salle…Nous longeons la rivière de Couffin sur la gauche et atteignons rapidement la voute mouillante: il faut tout de suite s’immerger jusqu’au cou.
Olivier du GSV porte une « une souris » sous sa combi: il prévoit de se réchauffer dans ses habits trempés pendant les quelques heures de crapahut qui nous attendent avant Chevaline, et garde sa combinaison néoprène dans son sac pour Chevaline.
J’ai enfilé dès le début ma salopette néoprène + un T-shirt fin en néoprène également, ne gardant que le haut dans mon kit; les autres vulcains ont des configurations du même genre.
La brève traversée dans l’eau nous a mis en joie; nous enchainons les réseaux actifs et fossiles de Couffin à bon rythme. Tout est équipé en fixe, nos kits sont des poids plume. Marc est un photographe semi-professionnel, il nous fait poser en contre jour avec des éclairages de toute sorte parmi les nombreuses concrétions: fistuleuses, « méduses », drapés, mondmilch, dégoulinades de stalactites.
Nous enfilons les puits, perdons et retrouvons la rivière en partie fossile, raclons les couloirs arrachés par l’eau dans le karst urgonien, escaladons les magnifiques cascades – « l’escalade », « la pluie.. » jusqu’à l’imposante Grande Cascade de 27 m et l’impressionnante cascade de la Douche (40 m) . Nous sommes au sommet de la traversée, à + 252 m du point de départ, à la jonction avec la rivière Chevaline.
Un bref repas, nous enfilons les hauts néoprène et aboutissons dans un des clous de la traversée: la galerie des Gours. Pendant une bonne heure nous plongeons et nageons de gour en gour dans l’eau turquoise retenue par la couche de marnes calcaires hauteriviens. C’est somptueux et très ludique, on dirait du canyoning sous terre, nous sentons à peine l’eau froide et nous arrosons comme des enfants.
Après cette ambiance tropicale nous longeons un autre conduit aquatique aux eaux bien plus sombres, mais ne manquant pas d’intérêt: il s’agit de la Rivière Suspendue. C’est saisissant: après avoir nagé dans la dernière bassine on enchaîne directement sur un puits sec qui nous emporte littéralement 19 m sous la rivière.
Il ne reste plus qu’à ramper un peu pour atteindre la chatière qui nous ramène dans la partie touristique.
Dehors il fait encore un peu jour, nos combinaisons sont autonettoyées par les rivières, un vent chaud pour ce mois de janvier nous autorise un déshabillage tout en douceur. Quelques chaleureux remerciements à Olivier plus tard, chacun rentre chez soi.

Un fait amusant sur ces galeries: la radioactivité naturelle de l’uranium et du radium contenus naturellement dans la roche sous le karst est intense dans cette zone, cela produit un gaz radioactif, le Radon. En se désintégrant, ce gaz forme des descendants solides, eux-mêmes radioactifs. Ces descendants peuvent se fixer sur les aérosols de l’air et, une fois inhalés, se déposer le long des voies respiratoires en provoquant leur irradiation.
Le radon est présent partout : dans l’air, le sol, l’eau. Le risque pour la santé résulte toutefois pour l’essentiel de sa présence dans l’air. La concentration en radon dans l’air est variable d’un lieu à l’autre. Elle se mesure en Bq/m³ (becquerel par mètre cube).
Pour le spéléologue de passage, le risque est négligeable. Mais pour les salariés de la grotte touristique qui y travaillent tout au long de l’année, cela fait courir un risque sérieux de développer un cancer. Les exploitants ont résolu ce problème en se servant de barrages construits à des endroits judicieux, qui obstrue les conduits en créant des siphons, ce qui stoppe le courant d’air et donc le passage du radon. Lorsque des spéléologues prévoient une sortie, les siphon sont désamorcés à des distances, le gaz est évacué par le courant.

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Participants à l'activité

Louison MLouison M.

Galerie photo

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