La traversée Fleurs Blanches Mouchtiques est proposée par Louison, et dés le vendredi soir nous sommes une grosse bande allant des enfants aux retraités à nous entasser dans quelques gites; une poignée de badass préfère le camping ou le van.
Le week-end commence par un curieux augure: le cri d’un enfant déchire la nuit. « Mon papa est mort, il est tombé en faisant de l’escalade » ! Le papa, accessoirement propriétaire du gîte, n’est pas mort heureusement. Ivre, il est tombé de sa terrasse en chantier; l’alcool lui a évité de sentir la douleur des blessures et sans son fils, il se serait endormi tranquillement contre un étai, avec l’os du pouce qui prend l’air.
Heureusement on est beaucoup plus en sécurité au fond d’une grotte…
Nous sommes 2 groupes pour faire la traversée le samedi matin. Je suis avec Pauline et Stéphane Lips, Bernard, Constance et Cécile. Les deux Stéph se sont perdus sur la route: ils se joindront au 2° groupe.
Les couleurs d’automne du Vercors sont somptueuses. Nous laissons une voiture en attente au col de la Chau, d’où nous vérifions que la trappe des Mouchtiques est ouverte, puis prenons l’autre voiture pour l’entrée de la traversée.
Le scialet des Fleurs Blanches est à flanc de coteau dans la forêt. Dés le début les puits s’enchaînent, équipés en fixe par les clubs locaux. Assez rapidement nous atteignons les galeries du fond. Les couloirs sont vastes, ponctués de nombreuses salles immenses mais également de méandres étroits. Carrés de chocolat, galerie des spéléonautes, passage en radeau sous une voûte mouillante; somptueuse escalade des cannelure… Pauline a froid et souhaite foncer, tandis que Bernard veut sa moisson de photos avec longues poses des acteurs, Constance chante les airs d’un opéra qui reste à écrire; je l’accompagne parfois car sous terre je ne risque pas d’attirer la pluie. Congelée et lassée, Pauline finit par nous lâcher et d’un coup de Jumard s’envole vers le soleil d’automne.
Après la salle Phrygane on trouve l’Escalier de service aux imposantes marches dessinées dans la roche, et enfin l’enfilement de puits qui remontent vers la surface.
Bernard avait commencé la sortie avec la voix à peine éraillée, mais en fin de sortie les bactéries vicieuses ont grignoté ses cordes vocales et dévoré ses poumons; il a l’œil vitreux, le regard noir mais fatigué; de fortes quintes de toux lui permettent de disséminer généreusement ses microbes. Stéphane et moi le suivons. Stéph me raconte l’origine de la complexe orthographe de la langue française pour tromper l’angoisse des maladies qui nous guettent. Heureusement et contre toute attente nous nous en sortirons indemnes: le courant d’air était puissant.
Nous goutons un peu la douce chaleur allongés sur la prairie, puis rentrons préparer la croziflette.
TPST 6h.
Participants à l'activité
Stéphane L.
Constance P.










